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La dualité pulsion-objet recèle une des complexités de la psychanalyse contemporaine. Alors qu'il est relativement facile de situer la pulsion d'un côté et l'objet de l'autre, il n'en est pas de même si l'on envisage sérieusement le lien entre les deux perspectives. Est-il possible d'envisager une coexistence du « modèle » de la pulsion avec celui de la relation d'objet ? La présence d'une source pulsionnelle et l'importance de l'environnement, primaire surtout ? Faut-il l'intituler troisième topique ? Dans l'histoire de la psychanalyse, ces deux points de vue se sont affrontés dans une lutte parfois virulente. Actuellement, nous préférerions les considérer en termes dialectiques. Suivant en cela la démarche freudienne, nous pourrions faire jouer l'opposition entre ces idées fortes sans pour autant en rejeter une des deux. Historiquement, le véritable problème remonte au moment où certains auteurs et non des moindres (Ronald D. Fairbairn ou Harry S. Sullivan) ont déclaré que, selon eux, les relations d'objet remplaçaient les pulsions comme principal système de motivation1. Les théoriciens de la relation d'objet n'ont toutefois, et fort heureusement, pas tous pris cette position contraire aux postulats freudiens et il serait injuste de les considérer en bloc comme des transfuges qui auraient abandonné toute référence à la pulsion. En contrepartie, il serait souhaitable que les écoles de psychanalyse anglo-saxonnes cessent de considérer les tenants du modèle pulsionnel, francophones pour la plupart, comme de curieux attardés dans le champ d'une psychanalyse « relationnelle ». D'ailleurs, la complexité est plutôt de