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Le rapport de Bernard Brusset, remarquable mise au point sur la question des relations d'objet, reprend et développe une réflexion commencée dès 1988 avec la première édition de son ouvrage Psychanalyse du lien. La relation d'objet. Entreprise persévérante et courageuse, car ce domaine de la psychanalyse était resté dans l'ombre en France, malgré les travaux de Maurice Bouvet – tombés dans un quasi-oubli – tandis que le livre de Brusset avait été alors accueilli au mieux avec réticence, au pire par le silence. Cela résultait sans doute d'une orientation de la psychanalyse française qui, à la suite de Freud, avait à juste titre mis l'accent sur la pulsion mais, comme lui, avait souvent négligé le rôle de l'objet, en particulier de l'objet primaire dans la genèse de la psyché1.
Dans la dernière édition de son livre, qui fournit un utile complément à son rapport, Bernard Brusset place au début de sa réflexion W. R. D. Fairbairn (1889-1964), un psychanalyste écossais souvent ignoré en France. Le caractère souvent abstrait et rhétorique de ses propositions – qui a beaucoup nui à la diffusion de son œuvre – ne doit pas, comme me l'avait fait remarquer James