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Le passage des théories des pulsions aux théories de l'attachement procède d'un certain nombre de déplacements qui tiennent à l'équivocité et à l'inachèvement du concept de pulsion, ainsi qu'aux interrogations venues de la clinique, mais pas seulement.
C'est historique : pulsion, instinct se superposent dès l'origine de la théorie freudienne. Pas davantage, la pulsion ne s'affranchit nettement du besoin ; pulsion et besoin se confondent ; or l'instinct est autre chose que la pulsion. L'instinct est l'œuvre d'une détermination quasi programmée de l'être vivant ; sa nature est innée. L'instinct est un héritage.
À ce malentendu premier s'ajoute un second, grammatical, selon que « pulsion » appelle le singulier ou le pluriel. Est-il fait référence à ce « concept limite entre le psychique et le somatique » dont Freud souligne la particularité de sa source ou à l'ensemble des théories des pulsions ? Pour ajouter aux incertitudes, il déclare : « La doctrine de la pulsion est pour ainsi dire notre mythologie. » C'est le concept de pulsion qui aujourd'hui vacille en raison de son opacité épistémologique originelle, mais aussi face aux interrogations actuelles soulevées par les pathologies dites contemporaines. La théorisation de l'archaïque conduit à considérer la situation œdipienne, la castration, comme des organisateurs tardifs de l'activité psychique. Est reléguée en arrière-plan