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Dans cet article, je me propose d'analyser le concept de « vérité historique » de Freud et ses implications, dans une perspective psychanalytique sur la possibilité de connaître la réalité. Freud est très directement concerné par ce concept dans son dernier ouvrage majeur, Moïse et le monothéisme, mais je pense que, dans toute son œuvre, on trouve une préoccupation sous-jacente à ce déterminant inconscient de notre pensée et de notre connaissance. Car c'est pendant qu'il écrivait que Freud – ayant constamment à affronter la question de la vérité de ses propres idées, de sa conviction à leur propos malgré les preuves limitées – en est arrivé à se demander si la vérité de ses idées ne pouvait, d'une certaine manière, être fondée dans une sorte particulière de réalité historique enchâssée dans son esprit et lui permettant de reconnaître ce qui est réel comme réel. Dans ce qui suit, je vais me centrer sur le concept de vérité historique, en particulier tel qu'il émerge chez Freud pendant qu'il écrivait Moïse et le monothéisme, avec comme objectif de jeter une lumière sur la signification de cette dimension unique et quelque peu négligée de l'inconscient pour une vision freudienne de la connaissance.
La vérité historique est l'un des concepts les plus fascinants que Freud développe au cours de son Moïse et le monothéisme. Il est possible de discerner un processus graduel et quelque peu latent d'évolution de ce concept à travers les écrits de Freud, mais il ne prend sa place la plus centrale et la plus explicite