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Les psychanalystes connaissent bien maintenant la théorie de l'identification projective, même s'ils ne l'acceptent pas. Je voudrais, dans ce bref essai, proposer un autre concept, celui d'identification perceptive, afin d'établir une distinction au sein de la théorie des relations d'objet.
L'expressiuon « identification projective » est souvent utilisée pour décrire la projection de parties gênantes (pas nécessairement mauvaises) d'une personnalité ou bien dans un objet interne ou bien dans un autre réel, ou encore dans les deux. Ce peut être une façon d'évacuer et de conserver des parties d'un self – cela ayant de nombreuses fonctions. L'expulsion de ces parties peut dénuder le self mais des formes de commande à distance psychique permettent de se mettre en rapport avec celles-ci.
Le concept d'identification projective est souvent utilisé pour expliquer comment le self peut s'identifier de façon empathique à l'autre. Pensons à Hamlet, par exemple. Nous pouvons devenir Hamlet mentalement parce que nous – les créatures œdipiennes que nous sommes – nous projetons nous-mêmes dans son personnage.
Ce concept singulier d'identification pose toutefois un problème : nous risquons en effet de supposer que Hamlet existe parce que nous l'avons créé à travers nos projections. Hamlet doit d'abord exister avant que nous ne puissions nous projeter en lui.
Un autre problème consiste en ceci que, bien que l'identification projective jouera toujours un certain rôle dans notre relation à Hamlet, travailler exclusivement à partir de cette théorie de la perception, de l'identification, de l'empathie