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La notion de pulsion de vie subsume les modifications successives que Freud a apportées à sa théorie des pulsions ainsi qu'il l'explique à la fin de son œuvre dans ce « testament » qu'est l'Abrégé de psychanalyse (1939): « L'opposition entre pulsion d'autoconservation et pulsion de conservation de l'espèce, de même que celle entre amour du moi et amour d'objet est encore à situer à l'intérieur d'Éros. » La pulsion d'autoconservation retrouve donc ici une place qu'elle avait quelque peu perdue.
Quoi qu'il en soit, la pulsion de vie naît bien sûr avec la vie, mais de quels mythes avons-nous besoin pour reconstruire de tels moments?
J. Laplanche et J.-B. Pontalis dans leur Vocabulaire de la psychanalyse2 font observer que Freud ne confond pas instinct (Instinkt) et pulsion (Trieb): l'instinct a un but préformé et adapté à un objet fixe alors que la pulsion est un processus dynamique comportant quatre éléments3, source, poussée (constante), but et objet, et a au contraire un objet variable et contingent (cf. la notion d'objets partiels), ce dernier lui permettant d'atteindre son but, lequel