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Nous savons gré aux rédacteurs de la Revue française de Psychanalyse d'avoir pris le soin, et le risque, de chercher à combler une lacune psychanalytique d'importance. En effet, mis à part quelques recherches sur les facteurs d'ordre « transgénérationnel » (cf. à Lyon, J. Guyotat), il nous a fallu attendre la fin du xxe siècle pour que des équipes psychanalytiques à Paris ou à Lyon, de même qu'en Allemagne (L. Janus et coll.) ou en Italie (M. Mancia et coll.) attirent notre attention sur l'importance de la prise en compte des aléas affectifs de la vie foetale.
Comme toute science, la psychanalyse doit se plier à des règles épistémologiques tout à fait élémentaires: d'une part, s'astreindre à une constante réévaluation des hypothèses avancées avant d'être en mesure d'en faire des postulats; d'autre part, chercher à étendre le champ de ses acquisitions par l'émission d'hypothèses nouvelles, à leur tour soumises à évaluation, etc. Depuis plus de trente ans, nous avons oeuvré, avec des collègues de plus en plus nombreux, pour bien préciser et sensiblement élargir cette notion freudienne tout à fait essentielle que représente universellement l'Œdipe, d'un point de vue à la fois imaginaire et symbolique. Nous avons participé au courant, devenu international, précisant le rôle spécifique des aléas de l'économie narcissique comme de la poussée instinctuelle et naturelle violente (défensive et non agressive) au cours des différentes périodes de la psychogenèse et dans l'ensemble des composantes de la pathologie structurellement non « névrotique » (états limites, psychoses, psychosomatique, pathologie caractérielle, etc.).
Aujourd'hui, dans le grand public, et bien au-delà des cercles scientifiques, il ne saurait être question de considérer que la vie ne commencerait qu'avec la « naissance ». Toutes les sciences voisines de la nôtre (obstétrique,