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La « naissance psychique » peut être envisagée comme un processus ou comme un état. Comme processus, elle suppose un inachèvement, une tension vers un accomplissement toujours plus grand, elle relève des mouvements permanents de la vie psychique prise dans l'intrication des tendances à la liaison et à la déliaison. Elle présuppose une fondation par les fantasmes originaires.
J'en distinguerai une définition qui la considère comme un état, hypothèse métapsychologique bien sûr, et s'inquiète des conditions de possibilité de la constitution d'un espace psychique où le fantasme permet la construction topique: ce point de départ est celui d'une origine de soi car il donne sa consistance au moi.
Freud dans L'Esquisse notamment, W. R. Bion dans Les éléments de la psychanalyse, D. Winnicott dans Jeu et réalité, D. Anzieu avec Le moi peau, Piera Aulagnier avec La violence de l'interprétation et bien d'autres encore, se sont attachés à la recherche de l'origine, pas tant celle de l'origine des fantasmes, que celle de la possibilité de l'existence de Psyché.
Plutôt que d'insister sur leurs différences, il m'importe de trouver des points de convergence quand ils font sens dans l'écoute clinique qui engendre le questionnement métapsychologique.
Pour qu'il y ait un sujet, il faut qu'il y ait un autre reconnu comme tel, pour qu'il y ait un moi, il faut un objet auquel s'adressent demande et désir, pour qu'il y ait un Je, il faut un Tu (puis un Il, qui instaure la tiercéité).
Tous ces développements convoquent le langage dans sa fonction décisive de symbolisation, qui va disjoindre les représentations de choses des représentations de mots. Si origine il y a, c'est au point nodal de cette