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Le 6 mai 1931, dans une conférence prononcée à l'occasion du 75e anniversaire de Freud, Ferenczi déclarait: « Il ne faut se dire satisfait d'aucune analyse qui n'a pas amené la reproduction réelle des processus traumatiques du refoulement originaire sur lequel repose, en fin de compte, la formation du caractère et des symptômes. » On pourrait trouver un écho, ou plus exactement une reformulation contemporaine de cette exigence ferenczienne dans les questions posées dans l'argument de ce numéro de la RFP, en particulier lorsque les auteurs écrivent: « L'intérêt porté à l'aube de la vie psychique a conduit nombre d'auteurs à poser la question de l'objet, de son rôle, de sa fonction, de ses qualités… » ou encore « sont ici interrogées, à travers la processualité même de la cure analytique et les dynamiques transféro-contre-transférentielles, les conditions d'émergence de la représentation, voire de la symbolisation, la mise en route des processus défensifs, la constitution du système pare-excitation, celle d'un espace psychique, la différenciation sujet-objet et la temporalité jusqu'à la question de la genèse du moi… ».
Je n'aurai pas la prétention d'embrasser un si vaste programme, mais je me propose plutôt de choisir un fil pertinent, à savoir le concept de régression - concept central au demeurant pour qui veut interroger la processualité de la cure -, et de suivre son évolution contemporaine, depuis, en particulier, les travaux de Winnicott.
Je prendrai appui, pour se faire, sur le psychodrame analytique, analyseur et observatoire privilégié selon moi pour l'exploration de la pluralité des symbolisations, et notamment des symbolisations primitives, corporelles, porteuses des mémoires du corps.