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Il y a quelque temps, devant un certain matériel retrouvé au cours de la psychothérapie d'enfants adoptés, le terme de naissance psychique a résonné autrement pour moi. Dans mon propos, je me référerai essentiellement aux travaux de Winnicott ayant trait à la séparation, à la transitionnalité et au travail sur le négatif d'A. Green. Le terme de survie sera envisagé en écho aux expériences extrêmes telles que décrites en particulier par B. Bettelheim et, ici, comme la conséquence d'un environnement précoce très défaillant et, par là, très traumatique.
« Un bébé seul n'existe pas » a écrit Winnicott et si la mère est absente, un ou des substituts la remplacent pour permettre au bébé de poursuivre sa vie. Cependant la question du développement psychique du nourrisson se pose si l'environnement initial ou substitutif est par trop insuffisant. Ne pourrait-on pas penser le développement en termes de survie psychique en raison de la défaillance maternelle et de l'importance des aménagements défensifs précocement mis en place par le bébé? L'état psychique de la mère pendant la grossesse et son histoire, la constitution de l'enfant avec son héritage phylogénétique et les caractéristiques de son environnement après la naissance en constitueraient les paramètres les plus importants.
J'illustrerai ultérieurement cette question par deux vignettes cliniques en laissant de côté volontairement les aspects qui concernent leur vie actuelle. Il s'agit de deux enfants adoptés suivis en psychothérapie: Paul, adopté à 3 ans et demi, a commencé sa psychothérapie à 5 ans. Il a eu des conditions de vie particulièrement éprouvantes dès sa naissance, laissé seul pendant de très longues heures et sans soins par sa mère. Le second, Pierre, adopté à 13 mois, a débuté son traitement à 4 ans. Abandonné à la naissance, il semble avoir traversé un