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La question de la naissance psychique peut renvoyer à l'aube de la vie psychique correspondant au début de la vie, mais aussi à un commencement qui apparaîtrait et se déroulerait dans la cure analytique. L'expérience de la relation transféro-contre-transférentielle ne manque de nous amener souvent à penser que chez nos patients, quelque chose de l'ordre d'un début, d'un jamais vécu, d'un nouveau, se joue, se transforme, se crée. La psychanalyse avec les enfants amène sans doute une autre particularité, celle de voir se dérouler au cours des séances, le développement de la vie psychique même, plus particulièrement chez les jeunes enfants. C'est ce dont on peut être le témoin dans l'analyse ou la psychothérapie analytique d'un enfant avant l'âge de latence, chez qui le développement de la sexualité infantile est en plein cours, nous plaçant ainsi au plus près des ensembles pulsionnels des éléments les plus primitifs de la psyché, au plus près du refoulement originaire et des traces ou fonctionnements traumatiques contemporains du début de la vie.
C'est sans doute ce qui permet d'interroger les symbolisations les plus précoces et de permettre leur élaboration, dans le cadre de la processualité de la cure psychanalytique, la notion de processus renvoyant à celle de transformation. Cette importance des éléments les plus primitifs de la symbolisation ne peut se concevoir que comme une activité de liaison des affects qui, comme le souligne Alain Gibeault (1989), « … trouve dans le corps à la fois ses limites, sa source et sa raison d'être »1. Le couple affect - symbolisations primaires serait donc au centre de la naissance psychique, tant au début de la vie de l'être humain que dans toute cure psychanalytique.