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Le titre de ce numéro, « Gender », nous confronte immédiatement à la difficulté d'interprétation de ce terme que, dans son introduction, Ethel Spector Person prend soin de présenter dans toutes ses acceptions. Masculin, féminin ou neutre, ce « genre » grammatical ne faisait guère écho à la sexualité, et c'est en 1956 seulement que John Money s'en est emparé pour l'introduire dans la littérature médicale et psychologique. Robert Stoller en 1968 a affiné la distinction entre sexe (femaleness and maleness) et genre (feminity and masculinity), et a créé l'expression core gender identity, que l'on traduit par « noyau de l'identité de genre »1.
Toute la première partie du volume est consacrée à l'historique des perspectives prémodernes, modernes et postmodernes concernant la féminité et la sexualité féminine. Maintenant que, comme le précise Helen K. Gediman dans sa contribution, l'on sait bien qu'il est insuffisant, comme le faisait Freud, de faire rimer féminité et passivité, il devient compliqué de définir, voire de saisir, les nuances de ce qui fait le genre ! C'est à Karen Horney, souligne-t-elle, que