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L'inventeur de la psychanalyse était à l'origine un neurologue. Certes, la psychanalyse a ouvert des voies entièrement différentes de celles de la neurophysiologie, mais il ne faut pas oublier que dès 1895, avec l' « Esquisse d'une psychologie scientifique », Freud tentait une articulation originale entre psychanalyse et neurologie. Son intérêt pour le « biologique » ne s'est d'ailleurs pas affaibli au cours de sa vie de recherches, comme en témoignent les conceptualisations de la sexualité, des zones érogènes de la libido, et surtout de la pulsion, qui font appel à la notion de stimulations externes comme à celle d'excitation interne. Il écrit ainsi, en 1909: « Il existe des interactions évidentes entre le somatique et le psychique, mais, faute de pouvoir actuellement en décrire la nature en termes bio-chimiques et physiologiques, la théorie des névroses doit demeurer psychologique. »
L'état de la neurologie à l'époque de Freud ne permettait pas d'apprécier la correspondance entre les processus psychiques et ce qui se passait au niveau du fonctionnement cérébral, mais restait pour lui à l'horizon d'une recherche à venir. Qu'en est-il aujourd'hui de ces correspondances? Nul doute que les avancées des neurosciences n'ouvrent de nouvelles perspectives et ne posent de nouvelles questions. Mais il est difficile d'évaluer de façon pertinente l'impact de ces avancées sur les conceptualisations psychanalytiques ou, à l'inverse, l'apport des conceptualisations psychanalytiques aux recherches neurobiologiques. Est-il même heuristique de chercher à déterminer les influences mutuelles entre ces champs et à en cerner les limites?
Dans le champ de la neurophysiologie, les recherches sur le sommeil et le rêve, sur l'attention et la conscience, sur la vie émotionnelle et les affects, suscitent régulièrement des échanges féconds, parfois des confrontations vives, voire