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La confrontation de la psychanalyse avec la neurobiologie actuelle est devenue une réalité incontournable. Pour contribuer à réunir les conditions nécessaires à cette confrontation, il me semble important de clarifier ce qui, dans les constructions freudiennes, relève directement de la méthodologie et des connaissances neurobiologiques de l'époque: la part des neurosciences dans les concepts et le poids relatif de celle-ci dans leur validité.
Pendant longtemps, la littérature psychanalytique s'en est globalement tenue à la thèse peu ou prou « officielle » telle que citée par Jones (1953). Freud avait été pendant vingt ans un neuroscientifique compétent, médecin dans l'institut de pointe du Pr E. Bruecker, membre éminent de l'école de Helmholtz; il avait publié divers travaux en neuro-anatomie et en pathologie neurologique dont certains, comme l' « Étude sur l'aphasie » (Freud, 1891), lui avaient valu une réputation internationale. Confronté plus tard à la clinique psychiatrique, il avait tenté, en 1896 dans l'« Esquisse », une ambitieuse synthèse en termes neurophysiologiques du fonctionnement mental. Devant l'échec de son entreprise, il ne publia pas son travail et le considéra même comme « une aberration » (lettre à Fliess, janvier 1896), jugeant la tâche impossible à réaliser tant que la neurophysiologie n'aurait pas progressé. Il évoque dès lors ses concepts psychanalytiques