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Tout discours sur l'inconscient (refoulé et non refoulé) présuppose une discussion sur la mémoire. Et ce parce que l'inconscient est un dépositaire dans la mémoire de représentations affectives liées aux expériences, fantasmes et défenses que l'individu possède dès le début de sa vie. La fonction de la mémoire et celle de l'inconscient ne peuvent donc exister séparément l'une de l'autre. Ce sont des fonctions qui s'organisent parallèlement au cours du développement. Cela s'inscrit en ligne avec ce que Sigmund Freud écrivait déjà en 1912, à savoir que les représentations latentes, si elles continuent à exister dans la vie psychique – comme c'est le cas pour la mémoire –, devraient être désignées sous le nom d'« inconscient ».
L'inconscient dont je voudrais vous parler ici ne peut être dû au refoulement puisqu'il s'avère lié à la mémoire implicite qui ne permet pas le souvenir, alors que les structures de la mémoire explicite indispensables pour le refoulement ne se forment pas avant les deux premières années de vie (S. J. Siegel, 1999). Ce qui est déposé dans l'inconscient non refoulé est cependant en mesure de conditionner la vie mentale de l'individu dans sa dimension affective, émotionnelle et cognitive même lorsqu'il aura atteint l'âge adulte. Ce concept apparaît aussi dans « Le Moi et le Ça » (S. Freud, 1923), où Sigmund Freud décrit une partie du Moi inconscient non refoulé qui dérive du Ça et qui se conforme à lui. Ce concept freudien ne présente toutefois pas d'analogies avec le concept que je tenterai de décrire et définir ici, qui se réfère aux expériences intersubjectives les plus précoces de la vie relationnelle humaine qui se déposent dans la mémoire implicite. Ce dernier est plus proche dans sa logique symétrique de l'inconscient non refoulé décrit par Ignacio Matte-Blanco – que j'ai récemment