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Je souhaiterais réussir à définir, en quelques pages, mais le plus exactement qu'il est possible, un champ de recherche qui n'a jusqu'alors jamais vraiment été exploré par la psychanalyse. Un espace de réflexion qui en représente bien plus qu'une application et, parce qu'il apparaît précisément comme étranger à la nature même de la connaissance psychanalytique, pourrait bien la concerner, en fait, directement et, plutôt qu'à l'égarer hors de ses terres, serait aussi bien en mesure de la renvoyer aux questions les plus rigoureuses de la métapsychologie.
Il s'agit de l'explication psychanalytique, à partir de leur action strictement pharmacologique, de l'effet thérapeutique des médicaments psychotropes. C'est un endroit où praticiens et théoriciens se séparent, quelle que soit leur compréhension réciproque, où prescripteurs et psychothérapeutes, les plus efficacement associés jusqu'alors, reprennent en main leur méthodologie respective. C'est, en effet, en ce point que la psychanalyse met fin à son questionnement en ce domaine et déclare forfait, pour s'en remettre décidément à d'autres disciplines.
La psychanalyse, refusant d'en savoir davantage sur la fonction antidépressive d'une substance sérotoninergique ou l'action anxiolytique d'une benzodiazépine, se prive en proportion d'un immense champ de référence pour sa recherche, et d'importantes perspectives théoriques et thérapeutiques. Et elle ne pourra, je le souhaite, se dérober plus longtemps aux questions qui se posent