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« Je suis plus vieux que le Temps et l'Espace parce que je suis conscient. »
De tous temps, les termes de « conscience » et d'« inconscient » ont posé des difficultés de définition, selon que l'on s'adresse aux neurologues, aux psychologues, aux philosophes, aux psychanalystes, aux neurobiologistes. Comme l'a dit avec humour Henri Ey (1987): avant d'en parler, il faut décliner son identité!
La conscience ne peut être envisagée comme une seule fonction, localisée dans un centre déterminé. Caractéristique de l'homme vivant, elle ne peut être abordée isolée de son contexte, c'est-à-dire chez l'homme dans le monde aux prises avec les informations qu'il reçoit et qui le font agir, mais son action dépend également de la connaissance qu'il a de ses sentiments, de son acquis culturel et affectif, de son histoire, de tout ce qu'il a vécu et qui constitue sa personnalité. De tout cela, nous avons « plus ou moins conscience » car la conscience de nous-même demeure souvent floue.
Nous envisagerons successivement un bref rappel historique puis la conscience-éveil, la conscience perceptive et la conscience de l'action, la conscience de sa propre vie psychique ou conscience ontogénique, avant de tenter une synthèse appuyée sur des données neurobiologiques.
Il serait trop restrictif de discourir sur la conscience sans aborder ses rapports avec l'inconscient; or, depuis 1990, le paysage psychologique consacré à l'inconscient a changé, il s'est à la fois appauvri et enrichi. À cette date, l'article « L'inconscient » des Notions philosophiques éditées par les PUF (Encyclopédie philosophique universelle, t. II, 1990) ne traitait que le point de vue freudien, ce qui ne serait pas la même chose à présent. En 1998, l'un de nous avait intitulé un article inaugural d'un travail collectif sur ce sujet, « Polysémie de conscience