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La biologie de Freud, à laquelle il était très attaché, et qui a donné dès le départ à la psychanalyse ses assises scientifiques, peut-elle faire que psychanalyse et neurosciences se rejoignent dans une sorte de « psychanalyse cognitive », une neuropsychanalyse (Solms [1, 2], Stora [3]) ou encore une psychanalyse expurgée des notions de libido et de pulsions (Jeammet [4]), auxquelles d'aucuns se rallient? Cela paraît difficile pour différentes raisons:
1 / La biologie de Freud, comme on peut le constater dans les deux opuscules qu'il n'a pas publiés, Le projet d'une psychologie (scientifique) [5] et la Vue d'ensemble des névroses de transfert [6], relèvent d'un certain romantisme biologique (Green, 1995, p. 27 [7]). « Le projet… » de 1895, non publié, signifiait pour Freud l'échec de l'explication du psychisme par la neurophysiologie, échec que cherchent aujourd'hui à lever les neurosciences pour supplanter la psychanalyse.
2 / Une fois la neurophysiologie abandonnée, Freud affirma que sa découverte était désormais détachée de la physiologie nerveuse, même si la formule de 1915 montre qu'il laissait « ouverte » la question des rapports entre psychanalyse et biologie:
« Notre topique psychique n'a provisoirement rien à voir avec l'anatomie [c'est moi qui souligne comme il est d'ailleurs fait dans le texte allemand: “Unsere psychische Topik hat vorlaüfig nichts mit der Anatomie zu tun“] (p. 133 [8]), elle est en relation avec des régions de l'appareil psychique, où qu'elles puissent être situées dans le corps, et non avec les localités anatomiques (p. 214), ayant précisé plus haut que
Page 479“l'activité psychique est liée à la fonction du cerveau comme à nul autre organe” (p. 213-214) ou encore que “les états psychiques (…) sont parfaitement inaccessibles quant à leurs caractères physiques; aucune représentation physiologique, aucun procès chimique ne peut nous procurer une idée de leur essence” » (p. 207 [9]).
3 / La psychanalyse relève d'un domaine épistémologi