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« Le présent ne porte pas en lui la semence d'un futur fixement programmé, et il n'y a pas non plus de programme dans nos têtes. » (Gérald M. Edelman)
La démarche scientifique implique le débat, mais la rigueur des arguments échangés doit nécessairement l'emporter sur toute autre considération, fût-elle fondée sur la bonne foi; quant aux échanges entre scientifiques, il est entendu qu'ils relèvent en priorité de la présentation et de la discussion de résultats. Mais l'histoire de la science est parsemée d'épisodes qui contredisent ces principes, et encore récemment, entre quelques scientifiques et la psychanalyse, l'invective et le procès d'intention ont pris le pas sur l'échange argumentatif. Dans la présente réflexion, les scientifiques dont il sera question, loin de considérer la psychanalyse comme une discipline subalterne, l'envisagent au contraire sur la base d'arguments épistémologiques sérieux. Ce sont des neurobiologistes qui situent la part la plus « scientifique » de la démarche freudienne dans sa période dite « de la neurotica », directement inspirée de la pratique neurologique. Le texte de 1895 semble d'ailleurs leur donner raison, puisque son auteur, bien que préoccupé par la souffrance psychique de ses malades, apparaît comme à la pointe des connaissances dans son domaine: la neurologie. Le titre initialement donné par Freud à son écrit était d'ailleurs: « Psychologie à l'usage du neurologue »1. C'est précisément ce qui trouble certains neurologues d'aujourd'hui, dont certains croient toujours y voir une énigme: « Comment une culture neurologique et expérimentale traditionnelle, dans laquelle je me reconnais moi-même, a pu conduire Sigmund Freud à abandonner,