You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Une biographie de Freud…
Encore?, s'exclameront certains.
Catherine Clément vient en effet, tout dernièrement, de faire paraître aux Éditions Mengès, dans la collection « Destins », un livre, Pour Sigmund Freud, qui, à la fois, en a l'allure et en propose une présentation très personnelle.
Nous soulignerons d'abord la tonalité de la préposition « Pour », qui donne le ton, agréablement dans ces périodes où le « Contre » est devenu le mot de ralliement de troupes panurgiennes, enrôlées en des combats douteux.
Catherine Clément, figure bien connue de la culture contemporaine, est, ou a été, tour à tour, philosophe, enseignante universitaire, diplomate, romancière et essayiste. En 1978, son livre Les fils de Freud sont fatigués faisait un constat très personnel, dix ans après les événements soixante-huitards que l'on sait, de l'état de la psychanalyse en France; d'autres ouvrages ont suivi: Vies et légendes de Jacques Lacan (1980), Révolutions de l'inconscient (2001), témoignant de son intérêt constant pour ce domaine de la pensée.
En parallèle, de ses longs séjours diplomatiques à l'étranger, elle tirait matière à des romans psychologiques, très fouillés. Citons, pour l'exemple, issu de son séjour aux Indes, Pour l'amour de l'Inde où elle dissèque la relation amoureuse complexe du triangle que composent les époux, lord et lady Mount-batten, alors vice-roi et vice-reine des Indes, avec le Pandit Nehru; ou bien, après sa résidence à Vienne, La Valse inachevée où elle analyse les sinuosités de la relation d'Elizabeth d'Autriche avec François-Joseph, à mille lieues, on s'en doute, de l'imagerie sentimentalo-mièvre, issue durablement des films d'Ernst Marichka qui lancèrent la carrière de Romy Schneider.