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Freud, en s'intéressant aux différentes formes de la pensée et à leurs relations, leurs transitions, leurs conflits, a pu créer un nouveau mode de connaissance. Liliane Abensour et Antoine Nastasi, dans leur introduction de ce sixième numéro de Psychanalyse et psychose qu'ils ont intitulé « La matière première psychique », proposent une exploration des différentes modalités du « penser ». Ce numéro fait suite à un précédent volume, « Rêves, onirisme, hallucination », recueil qui traitait des phénomènes intermédiaires de la vie psychique « entre veille et sommeil, entre perception et illusion, entre fantasme et délire ». Il s'inscrit donc dans une logique de réflexion sur la mise en représentation de ce qui pourra s'énoncer à partir de ce modèle premier du penser, indissociable du désir et de sa réalisation hallucinatoire qu'est le rêve pour la théorie freudienne.
Les articles denses qui composent cette revue recouvrent de nombreux thèmes et, bien évidemment, les questions de la symbolisation, de l'interprétation et de leur devenir.
Dans « Les mots perdus des aphasiques et des hystériques », Daniel Zaoui reprend les textes qui précèdent L'interprétation des rêves pour comprendre le déplacement des hypothèses sur les troubles du langage du Freud neurologue au Freud thérapeute de l'âme; il s'appuie tout particulièrement sur la « Contribution à la conception des aphasies ». C'est en effet une formidable révolution conceptuelle qu'initie Freud lorsqu'il critique la position neurophysiologique de ses maîtres Broca, Wernicke, Meynert, points de vue sur lesquels toutefois il prend appui pour accéder à sa conception théorique de l'appareil de langage. Freud discute et conteste la théorie des localisations cérébrales et le déterminisme lésionnel des aphasies. Il s'engage dans une approche fonctionnelle et ouvre le volet psychique du langage. Il introduit un nouveau vertex: celui de la représentation. Freud affranchit les phénomènes psychiques de leur support matériel, tandis qu