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Étymologiquement, « neutralité » vient de ne-uter, « ni l'un, ni l'autre »1, proposition terrifiante si l'on pense à la bisexualité psychique et au genre neutre qui en résulterait, réservé en allemand aux choses ! Pourtant, c'est une base toujours actuelle et partagée de ne pas prendre parti dans les choix du patient, ses conflits extérieurs, mais aussi dans ses conflits internes. Évidence, bien sûr, pour les choix de vie du patient, mais un travail toujours nécessaire quant aux interventions de l'analyste face aux situations qui, par exemple, font intervenir le tiers institutionnel analytique pour un patient accepté à la formation ou une demande d'analyste pour un proche.
Après l'exposé d'une situation clinique, nous reprendrons des positions de Freud sur la technique qui amènent Strachey à proposer le terme de « neutralité », puis nous verrons la valeur qu'elle prend dans la cure – appel au transfert de l'angoisse de castration sur le psychanalyste – et nous revisiterons les travaux qui donnent à la neutralité du psychanalyste une valeur centrale dans la psychanalyse avant de s'inspirer de M. Fain pour élaborer la composante de désinvestissement qu'elle implique et ses effets vivifiants ou mortifères.
Vignette clinique. En recherchant le souvenir d'une mise en crise de ma neutralité, je me souviens d'une séance d'une patiente, éducatrice spécialisée qui s'occupait de jeunes de quartiers défavorisés en organisant des activités