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Dans une note de la « Technique psychanalytique » de 1918, Ferenczi écrit: « Inutile de souligner que le psychanalyste doit éviter de mentir à son patient… Il doit être comme Epaminondas, dont Cornélius Nepos nous dit qu'il nec joco quidem mentiretur (Il ne mentait pas, même pas pour plaisanter) »1.
Cette citation m'a renvoyé à la séquence clinique suivante. Lucy est très contrariée par mon retard à une séance; elle m'attaque avec rage, me fait remarquer à quel point je suis nul et souligne que, juste au moment où elle commence à bien aller, voilà que je recommence à lui jouer de mauvais tours ! Elle ajoute, après un bref silence, que certes l'analyste de son ami, analyste qu'elle nomme pour la première fois en séance, est bien mieux que moi: lui, il ne fait jamais attendre ses patients, il est très précis sur l'horaire, chez lui on sonne et on entre directement dans son bureau.
Je suis surpris en apprenant que l'ami de ma patiente vient d'entreprendre une analyse avec ce collègue, que je connais et j'estime personnellement. Je m'étais déjà excusé pour mon retard en début de séance et avais proposé de la prolonger du temps nécessaire pour le récupérer. Mais là, j'interviens encore, en disant que certes je me dois de respecter le cadre moi-même et d'être à l'heure, et qu'en même temps nous pourrions nous demander pourquoi ce retard de ma part l'affecte à un tel point et à quoi de son passé nous pourrions relier ce qui l'affecte dans le présent. Lucy reste fâchée et me quitte même furieuse.
À la séance suivante, je la sens très angoissée. Elle dit, sèchement: « J'ai repensé à vos interventions de la dernière fois et j'ai remarqué qu'entre les lignes, de manière indirecte, vous avez répété au moins deux fois que vous êtes un bon