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L'intitulé du Colloque: « Qu'est la neutralité devenue? » mettait d'emblée l'accent sur le dépassement d'un antagonisme un peu sommaire qui a pu se dessiner au cours de l'histoire de la psychanalyse entre une neutralité tenue pour garante de l'analysabilité du transfert et une critique qui, très tôt parfois, en a dénoncé le leurre ou les effets fâcheux. Cet antagonisme sommaire a parfois marqué la lecture du différend entre Freud et Ferenczi, alors que l'opposition dialectique entre analyse orthodoxe et analyse transgressive constitue le cœur même des théories de la méthode. M. Gressot avait résumé cette tension en évoquant « la contradiction entre l'exigence d'une neutralité radicale et celle d'un étiage affectif suffisant ». Une certaine conception de la neutralité a été directement liée à l'idée que le cadre-dispositif analytique lui-même restait extérieur aux phénomènes transférentiels et que l'analyste, en expurgeant son contre-transfert, pourrait placer sa fonction interprétative dans une même extériorité. Cependant la reconnaissance de l'incidence du cadre-dispositif dans les phénomènes transférentiels comme de l'implication subjective du psychanalyste ne fait pas disparaître l'enjeu de la neutralité: elle fait seulement valoir que la neutralité n'est pas neutre mais qu'elle est agissante.
Il s'est avéré pourtant que la conception d'une neutralité objective et le rejet qu'elle appelle sont profondément inscrits dans nos traces mnésiques institutionnelles, puisque, à plusieurs reprises au cours du Colloque, des voix se sont fait entendre pour récuser en bloc LA neutralité, toute neutralité au nom de l'implication subjective du psychanalyste. On se demandera ce que ce rejet global doit à une conception si élargie du contre-transfert qu'il en perd sa consistance.
Le projet pour le Colloque n'était certes pas de défendre ou de rejeter une neutralité définie en soi, mais d'explorer l'usage de sa référence et de la replacer