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« On ne surestimera jamais trop l'importance de l'hypnotisme dans la genèse de la psychanalyse. D'un point de vue théorique comme d'un point de vue thérapeutique, la psychanalyse gère un héritage qu'elle a reçu de l'hypnotisme. »
Si le rôle joué par Charcot dans la trajectoire freudienne est connu, celui que Franz Polgar y a tenu, quarante ans plus tard, l'est beaucoup moins. L'un et l'autre, pourtant, sont concernés par le phénomène qui a mis Freud sur la voie de l'inconscient: l'hypnose. Mais, alors que le premier est un maître initiant le jeune Freud à cette technique, le second, médecin américain d'une trentaine d'années et hypnotiseur renommé, intervient à la demande de Freud vieillissant et déjà célèbre.
Il est admis par la plupart des écoles psychanalytiques que seul le renoncement définitifà l'hypnoseapermis à Freud d'inventer la psychanalyse. Or, durant son travail de thèse1, Antoine Bioy a exhumé un ouvrage signé Franz Polgar, témoignant d'une réalité plus complexe. En effet, dans cet ouvrage publié, selon Bioy, en 1951, l'auteur relate avec précision comment, recevant en 1924 une lettre de Freud qui sollicite ses services de praticien de l'hypnose à des fins de recherche, il se rend à Vienne dans ce but. Le témoignage de Polgar, traduit ici, fait apparaître une collaboration difficile, voire houleuse, entre les deux hommes.
Aujourd'hui, la publication de ces lignes a le mérite d'éclairer, d'une façon plus nuancée que ne le fait la version généralement admise, la place de l'hypnose dans l'esprit de Freud, et ce, bien au-delà de la période de son « abandon » officiel, y compris tel qu'il le relate lui-même dans Ma vie et la psychanalyse. Dans l'histoire psychanalytique, et sans remettre en question l'irremplaçable déroulement de la cure type, cet épisode fait apparaître que l'hypnose, en tant que technique originaire, fut moins ostracisée par Freud que par nombre de ses successeurs. Non seulement une réflexion appr