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Le concept de perlaboration (Durcharbeitung) est apparu avec l'idée naissante chez Freud qu'il ne suffisait pas de dire la vérité aux patients pour qu'ils guérissent. Même dans sa toute première étude psychologique, Études sur l'hystérie, Freud savait non seulement que le patient devait pouvoir vivre le souvenir jusque-là refoulé avec l'intensité émotionnelle appropriée, mais aussi que c'était un mythe de penser qu'il y eut un souvenir refoulé: « Il ne faut pas s'attendre à découvrir un seul souvenir traumatique issu d'une unique représentation pathogène, mais, au contraire, toute une série de traumatismes partiels et d'associations d'idées pathogènes. » Et même autour du noyau, « se trouve une quantité souvent étonnamment abondante de matériaux mnémoniques qu'il va falloir étudier à fond dans l'analyse… ». Il pensait à l'époque que le problème était d'essayer de faire passer l'énorme réseau de matériel par ce qu'il appelait l' « étroitesse du conscient »: le fait que nos pensées conscientes ne nous viennent jamais qu'une par une et que nous les exprimons également une par une. Une fois que l' « aménagement connu, complexe et comportant plusieurs dimensions » a émergé, remarque Freud, nous devrions nous « demander à juste titre comment pareil chameau a pu passer par ce trou d'aiguille » (Freud, 1893-1895 [1956, p. 233, 235]).
On pourrait, me semble-t-il, raconter l'histoire du développement de la technique psychanalytique en rendant compte de celui du concept de perlaboration. À l'époque où Freud écrivait « Remémoration, répétition et perlaboration », on appelait « perlaboration » le processus par lequel l'analysant « prend connaissance » de ses résistances telles qu'elles se manifestent dans le transfert