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« (…) au plus élevé trône du monde, si [pourtant] ne sommes assis que sur notre cul. »
Sur le lac Majeur, à ce point sublime de l'Italie où les Alpes font côtoyer leurs cimes avec le reflet des cyprès et des pins parasols. Où les confins du monde semblent trouver un apaisement ! L'Italie enfin où les lacs sont comme le commencement du monde, et le palais des Borromées l'apogée d'un pape ! Là où les paons, le soir, déploient leurs yeux comme l'Argus de la beauté. Là, enfin, où une grille de fer forgé, clôturant les jardins qui dominent le lac, arrête le regard sur un mot inattendu: HUMILITAS.
C'est la devise des Borromées…
Nous sommes sur l'Isola Bella qui semble l'aboutissement naturel des îles qui la précèdent: Isola Dei Pescatori, Isola Madre. Cette limite, signalée par le guide avec une sorte d'exaltation, m'a rassuré. Il fallait bien en finir avec la grandeur ! En même temps que lui fournir une autre limite encore plus inaccessible.
Là-dessus, il me semble que Montaigne a tout dit ! Mais, curieusement, la psychanalyse relance son propos d'une autre manière, en affirmant que, certes, on peut être mégalomane, d'un côté, mais complètement timoré, de l'autre !
Il me souvient d'un malade d'asile, très connu de plusieurs générations d'internes, qui lui demandaient régulièrement pourquoi il continuait de ratisser les allées du jardin alors qu'il était Louis XIV? Il ne se prenait pas pour Louis XIV, il était Louis XIV. C'est de là d'ailleurs qu'il tirait la force de répondre avec courtoisie: « Je le fais parce qu'on me l'a demandé. »
Il s'agissait là d'une vraie grandeur ! Elle s'accommodait, elle aussi, d'une superbe humilité, mais sans y prétendre. Le double aspect de sa condition lui