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« Le mot “culture“, dit Freud, désigne la somme totale des réalisations et dispositifs (…) qui servent à deux fins: la protection de l'homme contre la nature et la réglementation des relations des hommes entre eux » (Freud, 1929 [1994, p. 276]).
Nombreuses sont les réalisations que, grâce à la science et à la technique, « … l'homme a instaurées sur cette terre, sur laquelle il fit d'abord son entrée comme un être animal plein de faiblesse et où tout individu de son espèce doit entrer comme un nourrisson en désaide… » (Freud, 1929 [1994, p. 278]).
Nous sommes, au cours de notre évolution, entourés de prothèses technologiques qui visent à protéger le nourrisson en désaide contre la nature. Mais nous percevons aujourd'hui au premier plan la conscience que le développement scientifique ne peut protéger la nature des déséquilibres qu'il engendre lui-même. L'évolution scientifique comporte des risques, des conséquences que nous percevons dans la réalité extérieure et qui réveillent en partie des angoisses archaïques. Il est indispensable de prendre ces risques en considération, non seulement du fait des conséquences éthiques et sociales qui y sont liées, mais aussi eu égard à la survie de la planète.
La richesse des pays occidentaux non seulement engendre de grands déséquilibres tant entre les individus qu'entre les pays, laissant en arrière les moins avancés sur le plan technologique, mais comporte aussi des éléments inquiétants. Ainsi, par exemple, en Europe, selon une estimation de la Commission européenne pour la santé, le nombre des morts par suicide (déclarés) est supérieur à celui des morts causées par des accidents de la route.