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Je l'ai rencontré une vingtaine d'années plus tard en me promenant dans le vieux quartier que je ne fréquentais plus depuis longtemps. Le temps semblait s'être arrêté pour lui, le « fou du quartier »: dans son délire, il se battait encore avec le démon malin qui s'était emparé de lui; il pestait, lançait des insultes, cherchant à se défendre de ce Dieu mauvais qui l'avait dépossédé de la vie.
La psychose ne cesse d'interroger l'être humain qui y retrouve en relief le creux de sa propre existence.
Quant à la psychanalyse, la schizophrénie « est son intime, son plus invincible tourment: car en cette folie se donnent, sous une forme absolument manifeste et absolument retirée, les formes de la finitude vers laquelle d'ordinaire elle avance indéfiniment (et dans l'interminable) (…) comme si la psychose étalait dans une illumination cruelle et donnait sur un mode non pas trop lointain, mais justement trop proche, ce vers quoi l'analyse doit lentement cheminer » (Foucault, 1966, p. 387).
« C'est que j'ai cédé à l'attrait d'une analogie. Les délires des malades m'apparaissent comme des équivalents des constructions que nous bâtissons dans le traitement psychanalytique (…). ». Freud s'exprime ainsi dans l'un de ses derniers textes, « Constructions dans l'analyse » (1937 [1985, p. 280]), nous livrant par là à la fois le drame et l'énigme de la condition humaine qui ont été présents tout au long de son parcours.
Toujours dans « Constructions dans l'analyse », Freud définit ainsi le but de l'analyse qui devrait impliquer un rapport suffisamment stable entre