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Un jour pourrait advenir où tout serait programmé pour la recherche ultime de la maîtrise du temps, de la vie et du bonheur supposé de l'homme par la satisfaction immédiate. La médecine pourrait prévoir les maladies, leur durée, les temps de vie, la mort. Elle deviendrait omnipotente sur le destin des hommes mais ceux-ci en seraient dépendants pour anticiper et organiser leur vie.
Mythe, science-fiction ou futur dont on entrevoit déjà les racines dans les pays occidentaux?
L'annonce d'une voie médicalement toute tracée ne prendrait-elle pas valeur d'effraction du pare-excitation et ne serait-elle pas alors une menace constante pour l'identité du sujet? La pulsion ne serait-elle pas alors en péril et en menace de désorganisation? Omnipotence de la science, limites de l'humain, mise à mort de la vie?
L'annonce précipitée d'une mort rapidement démentie par la continuité de la vie illustrera la possible circulation de l'omnipotence entre le médecin et son patient et ses effets potentiellement dévastateurs. Un retour aux expériences antérieures traumatiques par la mise à mal de la vie pulsionnelle permettra un retissage progressif des fils du temps pour que la vie l'emporte sur la survie.
« “Dans quatre mois vous serez mort” ! Voilà ce que mon médecin m'a dit. Je viens vous voir pour que vous m'aidiez à vivre pour mieux mourir. » C'est ainsi que se présente M. B… lors de notre première rencontre.
La violence des premiers mots, la décharge émotionnelle dont je suis le réceptacle sollicitent mon contre-transfert dans l'urgence et la sidération. Je me sens traversée par la froideur d'une absence affective défensive et la chaleur d'un accueil déjà présent. C'est comme si l'ombre de l'objet était tombée sur moi. Confrontée à l'effet économique du traumatisme actuel, mon éprouvé