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« Notre aide consiste à offrir au patient une fiabilité pour qu'il désorganise les défenses contre l'imprévisible… Si nous réussissons, nous permettons au patient d'abandonner l'invulnérabilité et de devenir quelqu'un qui souffre… »
Les pathologies du narcissisme nous confrontent à des troubles majeurs de la constitution de la différence soi/non-soi, c'est-à-dire aux ratés de la construction identitaire. Ils nous obligent alors à affronter dans la cure tous les aspects destructeurs liés à cette souffrance narcissique primaire. Celle-ci peut s'exprimer autant par des « modes d'être » que par des comportements et des agirs, sous la forme paradoxale d'une lutte permanente à la fois pour et contre l'objet. Une lutte observable et agissante à tous les niveaux des modes d'investissement archaïques, faute d'avoir pu se constituer en relation d'objet. Car l'inconsistance des frontières Moi/non-Moi induit chez ces patients une incapacité à faire face à leur violence pulsionnelle ou aux excitations venant de l'objet toujours vécues comme effractantes. De plus, lorsque se mêlent aux troubles de la différenciation des identifications liées aux traumatismes non symbolisés du côté des objets, le chemin vers la conquête identitaire se heurte inévitablement à des angoisses primaires catastrophiques qui peuvent entraver, voire empêcher tout processus de symbolisation subjectivante. Se pose en effet de façon aiguë le problème de la précarité du narcissisme primaire qui se trouve ainsi à découvert, montrant dans une paradoxalité extrême, un sujet en quête désespérée d'un objet devant absolument rester inatteignable.
Certes, la qualité de la présence de l'objet et celle de sa réponse aux nécessaires destructions fantasmatiques d'un sujet en construction seront