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Je proposerai dans cet article quelques hypothèses concernant le concept freudien de trace perceptive, qui date de 18961. L'idée de départ est la suivante: la trace perceptive, celle qui n'est pas élaborée en trace mnésique, est à la base des tendances d'autodestruction qui peuvent se déclencher chez un patient en analyse. Ce registre autodestructeur, normalement caché par le registre pulsionnel auquel il est étroitement mêlé, se rapporterait à l'autoconservation et donc à l'objet d'autoconservation, dans l'aspect défaillant de celui-ci. Les traces laissées par les expériences de non-satisfaction du besoin n'auraient pas subi de symbolisation (primaire), elles n'auraient donc pas été assimilées subjectivement. Ce registre revient compulsivement sous forme d'hallucinations, d'acting ou de maladie, selon ce que l'on appelle le « retour du dénié » (J. Manzano, 1989) ou le « retour du clivé » (R. Roussillon, 1995), par opposition au retour du refoulé.
L'activation d'un registre non névrotique chez un patient en analyse peut entraîner une régression vers l'état psychosomatique du début de la vie. Il s'agirait d'une régression qui vise la décharge au niveau le plus bas, en ignorant le fonctionnement plus évolué chez le même individu. Cette régression n'a rien de commun avec une régression sur les habituels « points de fixation »