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Le monde des rêves diurnes n'est pas univoque et, dans un certain nombre de cas, l'articulation d'une satisfaction du passé que vient évoquer une situation actuelle pour la projeter dans une réalisation imaginaire future (S. Freud, « Le créateur littéraire et la fantaisie », 1908 [8]) fait défaut. Certains types de rêveries apparaissent ainsi comme des fantaisies narcissiques coupées de la temporalité subjective et de l'histoire libidinale des relations aux objets1. Dans la cure d'adultes, répétées de façon stéréotypée et fétichisées, elles peuvent sembler comme une entrave au processus en même temps que source de plaisir, un plaisir représentant souvent l'envers et le contre-investissement d'une répétition traumatique douloureuse dominée par l'insatisfaction foncière dans la relation à l'objet primaire. Parfois, dans ces cas, pouvait être reconstruite l'histoire d'une inadéquation et d'une carence dans les soins maternels précoces s'accom-pagnant régulièrement d'une idéalisation phallique de l'enfant par la mère. Ces formes de fantaisies, opposées au rêve comme à la vie, ont pour but de faire triompher le principe de plaisir, alors même que l'objet, dans sa singularité irréductible, en est banni. Si elles apparaissent caractérisées par le retrait narcissique de la libido au service du Moi-Idéal, la forme que revêtent ces fantaisies m'est apparue très variable, depuis l'anobjectalité apparente jusqu'à des formes où se trouvent figurés des objets. Mais ces objets sont en quelque sorte vidés de leur substance, réduits à des enveloppes dans lesquelles sont projetés les caractères désirés par le créateur de la fantaisie. Ils ne sont pas reconnus comme autres sujets et on peut le mieux les désigner comme des objets « subjectifs » avec Winnicott. Ce dernier écrit: « J'ai utilisé le terme d'objet subjectif pour