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La psychanalyse, en tant que science, n'est pas caractérisée par la matière à laquelle elle s'affronte, mais par la technique qu'elle met en œuvre, déclarait Freud en 19171. De là à dire que, en tant que pratique, elle a moins affaire à la théorie qu'elle énonce qu'au matériau qui la façonne, et l'écart se trouve posé du rapport de la théorie à la pratique, à l'expérience et à la méthode. Or la nature profonde de la pratique, celle qui façonne la technique, relève de l'observation, et l'écoute apparaît comme ce qui en tient lieu. Une observation qui, loin de rechercher la confirmation de vérités préétablies, s'appuie au contraire sur la fragilité qui leur est intrinsèque. Une observation d'où toute certitude préalable se verrait a priori destituable, mise en doute et soumise à questions. Chaque cure constitue ainsi une expérience particulière, du seul fait que le déploiement qu'elle offre à la parole est à chaque fois singulier, et convoque l'attention particulière de celui qui se propose à l'entendre, proposition qui concerne tout autant l'analyste que le patient. En ce sens, la « cure de parole » est aussi « cure d'écoute ».
Mon propos consistera en l'observation de cette écoute. À commencer par celle qui anime Freud lui-même, faite de ruptures et de décalages, depuis la rencontre avec la « parole » hystérique jusqu'à ce qu'il désigne, à la fin de sa vie, comme l' « action de l'analyste » où l'activité de construction est posée comme l'équivalent d'un délire. Dans ce long cheminement, l'analyse de l'Homme aux rats représente un tournant significatif, où la prise en compte du transfert comme source de la parole dans le présent de la séance s'inscrit dans l'établissement