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Dominique Clerc attire notre attention sur le trajet de notre écoute au cours de l'exercice de notre métier. Elle nous propose d'en faire un objet interne et d'observer ce détour qu'est notre travail de l'écoute. C'est donc en insistant sur le point de vue dynamique qu'elle porte son attention sur les deux produits de la cure que sont la libre association, qui serait en fait mieux nommée parole d'incidence1, et l'attention en égal suspens qui est une attention régrédiente. Elle refuse la facilité que peut offrir le terme de « contre-transfert » et préfère entendre les deux discours asymétriques de séance, leurs opérations et procès psychiques spécifiques, ainsi que leurs contagions, leurs mutualités, leurs complicités.
C'est une telle écoute d'une double processualité qui permit à Freud d'esquisser sa conception de l'implication du langage dans l'obtention de l'effet thérapeutique de la méthode psychanalytique.
La cure fut, dès l'origine, une cure par la parole et par l'écoute; mais aussi une cure de parole et d'écoute si l'on étend à ces deux pôles la fonction magique dévolue depuis bien longtemps aux mots et au silence, à leur dosage réciproque. Cette fonction magique trouve à s'exprimer dans les diverses variantes inchoatives de la Règle fondamentale que sont les déclinaisons d'un célèbre impératif: « Dites seulement une parole et je serai guéri », « Dites seulement une parole et vous serez guéri », « Écoutez ma parole et je serai guéri », « Écoutez ma parole et vous serez guéri ». La magie des mots tient tant à la parole