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Avec la seconde topique, Freud ne fait plus référence au langage; il n'a plus guère recours non plus à la clinique. Il m'est venu à l'esprit que votre propos trouvait une part de son inspiration dans le désir de combler ce manque. Mais il m'est venu aussi à l'esprit que, en vous attachant si vite et fortement à cette étape tardive de la théorie freudienne, vous étiez amené à sous-estimer l'énorme travail que Freud a déjà accompli avec la première topique en ce qui concerne la place et la fonction du langage, dans le « travail du rêve » et son interprétation, dans la genèse du symptôme par exemple. Ce fut un effet saisissant quoique indirect de la lecture de votre rapport que de prendre mesure de l'extraordinaire écart entre ces deux temps de sa pensée. La pénétration de l'appareil psychique par la spéculation métapsychologique n'a pas de contrepartie langagière. Il y a en effet quelque chose de muet dans la métapsychologie et j'entends dans votre rapport une certaine passion de lui redonner la parole, de réconcilier la pulsion et le discours comme s'ils étaient aux deux extrêmes de l'appareil psychique, au plus profond et au plus superficiel.
Imitant Jean Laplanche avançant l'hypothèse que Freud aurait refoulé la théorie de la séduction au moyen de la nouvelle construction théorique du fantasme, peut-on se demander: Freud aurait-il refoulé après 1920 la question du langage, la construction métapsychologique étant l'instrument même de ce refoulement? Je ne prends pas tout à fait cette question au sérieux sauf à rappeler que les théories successives ne se substituent pas mais s'ajoutent les unes aux autres. On ne peut lire la seconde topique sans la situer dans la perspective de la première. De la même façon qu'on fausserait le sens même du tableau de Léonard de Vinci si on dissociait la scène de l'annonciation du paysage éthéré sur le fond duquel elle se détache. Un de ses sens cachés s'y désigne picturalement: la file d'arbres aux profils improbable ainsi que, au loi