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Bien que je sois appelé à une place dite « conclusive », je ne souhaite pas proposer quelque chose qui s'apparente à une « conclusion », mais plutôt proposer des réflexions de relance. J'ai ressenti à la lecture du rapport de L. Danon-Boileau une assez large proximité avec ce que je comprends des enjeux de son travail, mais la proximité des points de vue n'est pas ce qui donne le plus d'intérêt au débat; aussi bien, c'est sur les variantes et écarts que je vais plutôt me centrer.
Le premier de ceux-ci tient pour moi dans la difficulté qu'il y a à parler, en psychanalyste, du langage en général, là où il me semble que la clinique psychanalytique nous confronte en permanence au rapport singulier au langage de chacun de nos patients. Rapport singulier qui témoigne de l'histoire propre de ceux-ci, qui est autant celle des motions pulsionnelles qu'il engage ou a engagées dans la parole et le statut qu'elle prend dans la rencontre psychanalytique, que celle de la place que celle-ci a pu prendre dans l'histoire de la rencontre du patient avec les objets significatifs de son histoire. Le rapport au langage et à la parole porte la trace de cette histoire tout autant que celle des fonctions structurales qu'on lui reconnaît habituellement.
La dimension la plus spécifiquement psychanalytique est, pour moi, celle du lien avec cette histoire singulière, qui est aussi celle des vérités dites et tues, celle des mal « dits », des malédictions, qui ont pu parcourir son enfance, voire celle des mensonges dont la construction de son identité a pu être égrenée. Il y a des patients qui ne croient plus les mots, pour qui le langage a été vecteur de tant de promesses déçues qu'il ne provoque que défiance, méfiance et incrédulité, qui interrogent et cherchent, à travers énoncés et énonciation, en mettant sans cesse la parole à l'épreuve en quelque sorte, des témoignages d'une vérité