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À première vue, parole et silence semblent opposés. Ils ne le sont, à mon sens, qu'à un niveau formel. Pour le psychanalyste, le silence est habité par des mots, ne fût-ce qu'à l'état potentiel, et cela pour les deux protagonistes de la scène analytique. De façon analogue, la parole est porteuse de silence dans le sens où l'on n'a jamais TOUT dit. Imaginons un instant l'espace du caché en pleine lumière: en présence de qui serions-nous? Un sujet en état de transparence à lui-même et/ou à l'autre, un être sans épaisseur? Que serait la parole sans le silence, et vice versa, comme on peut dire: que serait la mélodie sans les soupirs et le jour sans la nuit? Intrinsèquement liés, ils sont en rapport rythmique et dialectique d'avant-plan et d'arrière-plan, d'intrication, d'imbrication et de résonance.
L. Danon-Boileau écarte d'un revers de plume l'intérêt de l'étude du silence dans la cure: « Dans la cure, la valeur des silences s'écarte à l'évidence de ce qu'elle est dans la conversation quotidienne. Et, à mon sens, elle ne peut pas fournir d'enseignement particulier. » Ses illustrations cliniques y laissent cependant une belle place, souvent suivies d'ailleurs d'une relance élaborative chez le patient, ou d'un questionnement autoréfléchissant chez l'analyste.
« Quand (…) le sujet accepte de ne se payer que des mots qui peuvent convertir les motions pulsionnelles de son Ça en représentations inconscientes de son Moi, quelque chose bouge. » Ne serait-ce pas cependant parce que le processus de transformation à l'œuvre implique (entre autres) une rythmicité et