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Toutes les langues possèdent une structure phonétique et prosodique, toutes les langues sont des systèmes fonctionnels transportant du sens en liant de façon arbitraire les sons aux sens. Enfin, les langues dressent du monde des cartes différentes transmises par l'histoire culturelle.
Au cours des dix-huit premiers mois de sa vie, l'écoute de sa langue maternelle permet à l'enfant, génétiquement prédisposé pour l'acquisition d'un langage humain, d'effectuer ces trois « récoltes » à partir des paroles transmises par les adultes. Dans un laps de temps extraordinairement court:
— il extrait un modèle de la structure phonétique et prosodique de la langue parlée dans son entourage;
— il découvre l'existence de « mots » avec l'arbitraire du lien sons-sens;
— il repère des modes de production appropriés à sa langue et à son entourage familial et culturel.
Ces acquis ne se font pas à partir d'une « terre vierge ». Ces trente dernières années ont montré que la capacité des nourrissons à faire des discriminations fines et catégorielles sur la plupart des dimensions phonétiques faisait partie de l'équipement biologique de l'enfant humain. Cette capacité est un produit de l'évolution, elle se retrouve chez certains animaux mais n'est exploitée que par l'homme. Elle est générale, car elle permet la discrimination de contrastes phonétiques qui sont utilisés phonologiquement dans les différentes langues humaines. Elle est « linguistique » et non acoustique. Les études électro-physiologiques montrent que ce traitement automatique des contrastes phonétiques met en jeu des réseaux anatomico-temporels distincts de ceux impliqués dans des simples discriminations acoustiques.
Le nourrisson est aussi très sensible aux indices marquant l'organisation prosodique du langage. Au 7e mois de gestation, le fœtus est sensible à l'organisation