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La question de l'origine du langage fait à présent l'objet de programmes de recherche opulents, tant sur le plan national que sur le plan international. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la découverte de nouveaux fossiles d'hominidés et le développement de la génétique ont coïncidé avec un nouvel essor des linguistiques universelles: les programmes de naturalisation se sont appuyés sur elles et la question de l'origine du langage est devenue un enjeu majeur pour la réduction néodarwinienne des cultures. La découverte de l'ADN a naturellement nourri un grand nombre de spéculations sur le « code génétique », que sa désignation même, par une métaphore exorbitante, invitait à comparer à un langage, si du moins l'on réduit le langage à un code. Le génome ayant pris la place de la Providence comme puissance explicative, cette analogie entre les deux « codes » inverse la détermination mystique qui faisait de la structure du langage divin le modèle de toute chose.
Le langage est-il une faculté? Expliquer une action par une faculté supposée reste une facilité récurrente: on explique le récit par la faculté narrative, comme naguère le mythe par la faculté mytho-poétique. Voulant trouver des explications causales, la pensée scolastique rendait compte systématiquement de l'acte par la puissance: par exemple, la pensée trouvait sa cause dans l'intelligence définie comme faculté de penser. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que l'unité de l'âme commence à être mise en doute: en la