You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le rapport de Laurent Danon-Boileau a le grand mérite de mettre en évidence le double ancrage du langage: dans le corporel et dans le lien à l'objet. L'accent qu'il met sur le changement introduit par le bouleversement de 1920, comme sur l'importance de l'apport winnicottien (le rôle civilisateur de l'objet dans le passage du cri à la demande et ce qu'il nomme l'étayage de l'intrapsychique par la parole transitionnelle), ne peut que rencontrer l'adhésion du psychosomaticien. Partant de là, je voudrais développer brièvement trois axes de réflexion qui ont surgi en moi à la lecture de son texte.
Le premier concerne les limites du langage, limites que la pratique psychosomatique nous fait éprouver avec une acuité particulière, ainsi que l'usage de ces limites dans notre pratique. Le second touche un point qui n'est développé qu'implicitement par le rapporteur mais court, me semble-t-il, en filigrane tout au long de son travail et occupe une place centrale dans le travail psychosomatique: c'est celui de l'hallucinatoire – on devrait écrire: des différentes modalités d'hallucinatoire –, de leur valeur économique, ainsi que des conséquences que leur prise en compte entraîne pour la pratique. Mon dernier axe constitue une tentative de prolonger les élaborations du rapporteur sur la question de l'ancrage corporel du langage.
Évoquant le « ça » par lequel l'enfant dénomme les objets, L. Danon-Boileau écrit: « Et pourtant “ça” permet de parler de ce que l'on ressent en construisant l'affect d'inquiétante étrangeté en objet d'échange langagier et de glose. C'est peu, mais c'est tout » (italiques de l'auteur). Et, un peu plus loin: l'enfant « se dit ces paroles-là pour donner cohérence à ce retour du monde