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L'expression talking cure évoque certes, cette « conversation à deux », dans les conditions de la méthode psychanalytique, mais recèle surtout dans ce talking l'idée d'une cure par des actions de parole. Dès le premier entretien, le pouvoir des mots prononcés par l'un n'est déjà plus sur le terrain de la conversation mais sur celui du contact et de l'excitation qu'engendre le retrait de celui qui écoute. L'écriture elle-même semblerait insuffisante pour dire comment « parler c'est risquer de se laisser dévorer et aussi chercher à prendre et à détruire ce que l'autre contient »1.
Selon ses différentes formulations, la règle fondamentale reste une exigence, qu'elle soit prononcée avec les conséquences parfois paradoxales du choix de l'injonction à la libre association, ou qu'elle reste comme une attente silencieuse dans la pensée de l'analyste. L'association libre et son corollaire, l'écoute en retrait, sont la condition pour que la méthode « associative-dissociative » soit applicable et que s'instaure un processus analytique. Enfin, il s'agit là de conditions minimales et nécessaires mais qui déjà, dans beaucoup de moments de cures ou de situations cliniques, se trouvent prendre des configurations inattendues qui peuvent mettre à l'épreuve nos théories mais aussi notre position dans le transfert. Mais, à supposer que ce soit nécessaire, cela devrait plutôt nous rappeler l'essentielle singularité de l'individu humain.
Au fil de la cure, la parole s'organise dans la prise du transfert. Entre le trop excité et le trop policé que contrôlent les attitudes de défense du Moi, le discours peut rester pris dans la clôture de la répétition. L. Danon-Boileau parle, dans son rapport, d'un co-investissement des représentations et des processus qu'il associe à la notion de co-pensée développée par D. Widlöcher2