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Pour avancer dans ce débat autour du travail de Jean-Luc Donnet, je partirai de trois remarques de Freud. La première est tirée de La question de l'analyse profane: « Assurément, tout au commencement était l'acte, le mot vint plus tard; ce fut sous bien des rapports un progrès culturel que le moment où l'acte se modéra en devenant un mot. »1 La seconde figure dans une lettre à Stefan Zweig datant de 1920, où Freud insiste sur l'oscillation de Dostoïevski entre soumission masochiste et rébellion du révolté, puis souligne que, si Les Frères Karamazov traitent ainsi précisément du problème du meurtre du père, c'est en le dépliant à travers chaque personnage et « en pren[ant] pour base le principe psychanalytique de l'équivalence de l'acte et de l'intention inconsciente »2. La troisième remarque apparaît dans la conclusion du texte sur les souvenirs-écrans: « Le souvenir falsifié est le premier dont nous ayons connaissance; le matériel des traces mnésiques à partir duquel il a été forgé nous est resté inconnu dans sa forme originelle. »3
Mot, acte, intention inconsciente: comment situer l'Agieren par rapport à ce triptyque? Et, surtout, comment le situer en regard de la « présentation » qui revêt ici un caractère double: tout à la fois présentation déguisée de ce que la conscience ne veut pas se représenter, et presentia, mise en présence transférentielle, de l'agir pulsionnel? De cette double valence résultent, en effet, deux ordres de questions. D'une part, si nous tirons le fil de l'écart entre trace mnésique et image mnésique, dans quelle mesure est-il permis de considérer l'Agieren