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La psychanalyse se doit aujourd'hui de faire face à des organisations psychopathologiques dans lesquelles le langage est loin de disposer de son ampleur et sa profondeur symboliques, aussi bien pour le langage utilisé que pour celui entendu.
La clinique actuelle, aussi bien dans le travail avec les enfants qu'avec les adultes, nous confronte à des manifestations comportementales et/ou symptomatiques laissant penser à un échec des processus de symbolisation précoce, échec se répercutant sur la construction de l'appareil psychique, et plus particulièrement sur la mise en représentation de la vie relationnelle et affective. Le langage reste un pur code, dépourvu de potentialités polysémiques et métaphoriques. Privés de ce lien, les affects non symbolisés, ou non symbolisables, se trouvent comme « expulsés » dans les actes et, de façon plus générale, dans le corps.
Dans ces cures où le langage, celui du patient, mais aussi celui de l'analyste, échoue dans le rôle qui lui est dévolu, il est utile de réfléchir à des modalités thérapeutiques, y compris dans un setting analytique classique, qui prennent en compte les aspects non symbolisés du fonctionnement psychique du patient, ainsi que les aspects agis chez l'analyste, et de définir un certain nombre de lignes directrices, pour ne pas dire de règles et de cadres, qui permettraient d'éviter les écueils aux deux extrêmes: celui d'un conformisme antithérapeutique, et celui du passage à l'acte transgressif.