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L'expérience de la cure transforme profondément notre investissement de la parole et de l'écoute. Une potentialité polyphonique et polysémique, dans l'énonciation comme dans l'écoute, s'est ouverte. La nouvelle intimité avec la parole, faite autant d'étrangeté que de familiarité, se prolonge au-delà de la cure, notamment dans l'écoute de l'énonciation silencieuse de nos pensées. Mais comment la parole analytique fait-elle effet de cure? Et quels effets? Dans son développement, L. Danon-Boileau nous invite à considérer l'investissement que le sujet fait de sa parole et de celle de l'autre. « C'est également de cela que dépend sa façon de (se) parler et de (s')écouter. Il y a des investissements de langage qui portent à l'intériorisation et à la liaison. Il y en a d'autres, au contraire, qui conduisent répétitivement à la profération, à la recherche d'une maîtrise sur autrui, ou à la reviviscence de traces perceptives. »
Si la force de la parole analytique est évidemment indissociable du cadre, de la règle fondamentale et de l'enjeu transférentiel, elle ne se peut se réduire à ceux-ci. Je rejoins là L. Danon-Boileau qui explore les origines des différents modes d'investissement du langage, dans la petite enfance surtout. Deux points m'ont toutefois interrogée. D'une part, comment le discours analytique1 reflète-t-il l'intériorisation de l'investissement parental de la parole et ses inévitables effets d'après-coup? Dit de manière trop schématique, l'investissement de la parole et de l'écoute s'étaie-t-il sur la qualité de l'investissement parental de la parole? Je pense à la mère et au père, même si la nature de l'investissement de la parole dans les soins psychiques apportés à l'enfant est forcément différente en ce qui concerne l'un ou l'autre parent.