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La lecture stimulante des deux rapports nous rejoint au cœur du quotidien de la cure. Ne pouvant tenir compte de la richesse de toute l'élaboration, je me contenterai de cibler mon propos sur un effet particulier de l'écoute analytique: l'évitement de la confusion des langues, confusion tributaire de l'impérialisme du désir et de sa silencieuse présence sur la scène langagière, ce qui fait obstacle à la saisie de la conscience. Comment dire l'inaccessible pourtant désiré dans ce qu'il a d'innommé? Se peut-il que ce qui trame la confusion puisse être la quête illusoire de l'objet du désir? « Le rêve d'une langue où le mot soit ressemblerait à la chose, soit serait une partie constituante de la chose. Elle exprime l'impérissable nostalgie d'un état où la mère qui apprend à parler se confondait avec la mère qui a procuré le plaisir des soins corporels. »1 La protestation contre l'impuissance, la revanche contre cet état de nature, le Moi idéal tente de l'imposer au Moi. À la question que se pose L. Danon-Boileau à l'endroit du patient: « Pourquoi cherche-t-il à plomber mon écoute? », la réponse serait: c'est pour maintenir la confusion qui protège l'objet fantasmatique.
La nature de l'objet nostalgique est fantasmatique, un objet rêvé appréhendé comme un objet perdu; cependant, il agit comme un objet réel. Cet objet m'apparaît justement précisé par D. Clerc, qui affirme: « Ainsi l'objet perdu doit-il son existence au fait d'avoir été celui de l'hallucination de la satisfaction: c'est-à-dire d'avoir été l'objet halluciné que vise toujours le but pulsionnel (…). Car la réalité en elle-même est illusoire et trompeuse. Elle ne cesse en effet de présenter au désir des indices de la présence de l'objet, mais ces indices vaudront pour rien si le jugement d'existence ne les valide pas. » On peut admettre, par ailleurs, que la réalité devient trompeuse par l'activité interprétative du sujet.