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Nous savons que les fantasmes se retrouvent dans les symptômes, les rêves, les rêveries, les fictions de tout genre, notamment dans les jeux des enfants. La structure du fantasme offert à l'analyse varie en fonction du pôle dominant qu'il occupe, soit le pôle de la rêverie diurne ou celui du fantasme originaire (Laplanche et Pontalis, 1964). Au pôle de la rêverie diurne, nous retrouvons les rêveries conscientes superficielles: le scénario est à la première personne, le sujet se met en scène. Il y a prédominance de ce pôle au début de l'enfance, c'est progressivement que domine le pôle du fantasme originaire, où le sujet constitue un scénario à entrées multiples, comme Laplanche et Pontalis l'ont explicité. Lorsque ce dernier pôle évolue favorablement, l'enfant s'exprime alors de moins en moins par l'agir ou l'inhibition de l'action, mais par une plus grande mobilité fantasmatique, une mise en scène du jeu plus psychique cette fois. Dans le Draft L, Freud (1950) écrit que « les fantasmes se produisent par une combinaison inconsciente de choses vécues et de choses entendues ». Si la réalité de l'enfant est traumatique dans les champs du vécu et de l'entendu, celui-ci n'arrive pas à s'offrir les solides constructions pare-excitantes internes que sont les dérivés des fantasmes originaires. L'enfant présente alors une faiblesse dans son organisation fantasmatique et le psychanalyste d'enfant voudra dynamiser les assises du travail de fantasmatisation1.
Dans la cure, l'analyste aura à rejoindre les fantasmes de l'enfant, en particulier ceux plus profonds au cœur de l'être, ceux du noyau, ce que Laurence