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Je partirai des considérations de D. Clerc dans sa relation « L'écoute de la parole » à propos des « lieux psychiques » et de la confrontation entre les deux différentes traductions du court et dense fragment de « Constructions dans l'analyse » (1937) qu'elle propose.
La première: « Ici nous devons nous rappeler que le travail analytique consiste en deux pièces entièrement distinctes, qui se jouent sur deux scènes séparées et concernent deux personnages dont chacun est chargé d'un rôle différent. »
Et la traduction commentée de Gantheret (1996): « Ici nous devons nous rappeler que le travail analytique se compose de deux morceaux, deux parties (Stücken), entièrement différents, qu'il s'exécute, s'effectue, se célèbre en deux lieux scéniques séparés (Schauplätzen), se déroule au niveau de deux personnes dont chacune est chargée d'une tâche (Ausgabe) différente. »1
En prise directe, nous pouvons voir ici, confrontées à travers les deux traductions, deux différents lieux, scènes psychiques, celles de chacun des deux traducteurs. Je ne pense pas qu'il s'agisse uniquement d'une question de rigueur et de précision, opposées à une libre, subjective, interprétation du texte mais aussi, et surtout peut-être, de la position et de la fonction transnarcissique du texte telle que la définit Green (1992). Et, s'agissant d'une opération de traduction, nous voyons ici en action le pouvoir des halos sémantiques, multiplié par le transfert d'une langue à une autre, dans les possibles accouplements engendrés par les passages entre les différents champs métaphoriques.
Comme toujours, il arrive que le texte et/ou la scène aient pour chacun de nous des implications, des reflets et par conséquent, également, des significations