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La différenciation que propose L. Danon-Boileau entre parole compulsive et parole associative ouvre de vastes perspectives. Il montre bien comment l'analyste permet au patient de troquer la parole compulsive, aliénée à l'objet, contre la parole associative, autoréférencée.
La parole compulsive, qui est du côté de l'acte et de la répétition, qui rend compte de la force de la pulsion sans vraiment la représenter, qui se profère vers, ou dans, l'objet, s'oppose bien à la parole associative, cette « parole heureuse » qui est du côté du sens et de la représentance, qui exprime la pensée subjective, réflexive dont l'objet est « dédicataire et non plus destinataire ». Tout l'art de l'objet-analyste est d'aider à cette transmutation de la parole compulsive en parole associative, prélude à l'auto-analyse, le temps intrapsychique succédant au temps intersubjectif de la cure.
Mais comment faire lorsque l'objet externe (l'analyste), négativement ressenti, est, du fait même de sa présence, un inhibiteur de la parole associative, et même un facilitateur de la parole compulsive? L. Danon-Boileau sait bien que les autistes et certains sujets psychotiques transforment projectivement l'objet-analyste en mauvais objet externe, dont il faut se protéger. La parole compulsive a alors pour but de maîtriser ce dangereux objet, sous couvert de l'implorer, de produire en lui de l'envie, de l'admiration, de l'amour ou de la peur, toutes manières de le contrôler, d'exercer sur lui une emprise à la mesure de la persécution. Le patient peut aussi tendre à faire éprouver à son objet, comme à un double, ses émotions, sans tenir du tout compte de son altérité. Mais le but ultime n'est-il pas d'immobiliser cet objet terrifiant comme une araignée momifie sa proie, de le neutraliser, le faire disparaître en tant que personne pensante? Le drame est plus complexe encore: l'attente du patient est aussi