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Si pour l' « homme impartial » confronté à l'énigme de la situation psychanalytique, la parole qui s'y déroule peut se présenter comme une conversation entre l'analyste et son patient (« ils se parlent »), pour ceux-ci, qui en font l'expérience, elle se présente dans toute sa force d'action d'origine, transférentielle et fugueuse.
Incessamment travaillée par les forces pulsionnelles libérées par la puissance actuelle du transfert sur la Tummelplatz, ce lieu d'ébats, elle s'instaure aussi de cette « essentielle dissymétrie »1, dans son adresse par le patient auprès d'un autre, l'analyste, qui l'écoute dans le retrait de son silence et d'une attention excitée par son associativité, permettant ainsi que ces forces s'y présentent en figures de fantasmes et actions scéniques, et que la parole interprétative puisse les déposséder de leur puissance hallucinatoire.
S'échappant alors de sa forme habituelle langagière de communication et de narration où priment le sens et la logique rationnelle, la parole file vers une autre forme de langage, vers l'inconnu et la logique primaire inconsciente, où priment les mots à la fois dans leur pouvoir d'ambiguïté métaphorique et leur équivocité, par leur ouverture régrédiente au sensoriel, au figurable, et dans leur puissance d'action motrice. Les mots régressent dans ce double mouvement et retrouvent alors leur pouvoir d'action magique et de réalisation hallucinatoire, leur « force d'enchantement », ainsi que leur pouvoir sémantique à jouer de leur double sens, à se transformer en leur contraire, le familier devenant ainsi l'étrangement inquiétant, leur ambivalence attestant par là même